Considérations sur la souffrance
Il y a quelques nuits, j'ai fait un cauchemar épouvantable. C’est la première fois qu’un rêve m’atteint physiquement et si douloureusement. Mes rêves sont, actuellement, rarement très gais. Je n’ai jamais approché d’aussi près cette souffrance. J’ai le sentiment d’avoir ressenti au plus profond de moi ce que peut être l’arrivée de la mort. Une peur gigantesque associée au renoncement. Une course sans issue qui se termine dans un endroit clos et vide. Je garderais en mémoire ce sentiment irrémédiable d’être arrivée au bout. Je garderai en mémoire les pensées qui m’ont traversées l’esprit à ce moment précis. La douleur qui m’étouffait comme un étau. Le néant que je voyais se diriger vers moi dans un compte à rebours fatal. Ce n’était pas une mort paisible, une mort facile qui arrive par surprise. C’était une mort tragique, une fin de condamné qui sait que ce sera pire que toutes les douleurs subies par le passé. Une agonie sans la souffrance d’un supplice qui permettrait l’évanouissement salvateur.
La souffrance a ses limites, pas la peur. [Arthur Koestler]
Personne ne sait combien de temps peut durer une seconde de souffrance. [Graham Greene]
Nous ne sommes jamais aussi mal protégés contre la souffrance que lorsque nous aimons. [Sigmund Freud]