devenir grand mère...(4)
Votre rendez vous pour l’échographie est enfin arrivé. Vous angoissez davantage que pour les prises de sang. Vous avez l’impression qu’on va vous annoncer une catastrophe. Jules vous accompagne. Il lui tarde de voir son héritier (pour lui ce peut être qu’un garçon). Dans la salle d’attente au moins une dizaine de femmes attendent leur tour, toutes ne sont pas accompagnées. Sans doute sont-elles déjà venues ? Elles ont l’habitude. Vous vous tortillez sur votre siège, vous avez suivi les bons conseils d’une amie, et vous avez bu au moins deux litres d’eau avant de venir. Au bord de l’explosion, vous serrez les cuisses. Au bout de ¾ heure d’attente, enfin, vous entrez dans le cabinet du médecin, qui vous expédie hilare aux toilettes en vous expliquant que cela fait belle lurette que les appareils sont suffisamment perfectionnés pour éviter se genre de torture. D’ailleurs c’est marqué en gros sur un des murs de la salle que vous venez de quitter ! Vous n’aviez pas vu, trop concentrée sur l’effort de retenue ! Vous maudissez intérieurement Noémie, votre amie.
De retour dans le bureau du médecin, vous répondez à ses questions. Il vous explique ce que l’on cherche par le biais des échographies, et, vous vous sentez un peu gênée quand il vous explique que pour pouvoir faire l’examen, il va falloir qu’il vous pénètre avec une espèce d’engin oblong qui vous parait démesurément énorme. Votre homme se tait, la mâchoire inférieure au niveau des genoux et les yeux écarquillés. Vous vous allongez sur un lit étroit et dur, vous vous sentez ridicule, à moitié nue les jambes écartées devant deux hommes attentifs. Comble du désespoir, votre chéri est pris d’un inextinguible fou rire, quand le médecin enfile une capote sur l’engin en expliquant que c’est la meilleure protection. Vous connaissez votre jules… et en l’entendant avaler sa salive, vous comprenez dans l’instant, au fond ça l’excite salement, vous le maudissez. L’examen dure trop longtemps à votre goût, et vous vous jurer que pour la deuxième, vous viendrez seule. Tout va bien, vous vous rhabillez en silence pendant que Jules paye… vous vous sentez très seule.