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Le plumot

Considérations sur les images

3 Août 2006 , Rédigé par lilith Publié dans #Psychologie de bistrot...

Je ne supporte plus le sang, la violence, les excès du cinéma. Je préfère de loin les balises de mon imaginaire. Cette censure qui permet à mon esprit, sans doute de plus en plus peureux, de supporter les terreurs que m’imposent les visions d’images réelles d’actualités, ou d’horreurs inventées. Le plus horrible des livres, la plus épouvantable des histoires passe par le tamis de ma volonté. Je n’accepte plus de subir une maltraitante visuelle et sonore plus proche d’un voyeurisme imposé que d’un plaisir décidé. Je dévore les mots. Je ne veux pas être pénétrée de force par des images non consenties. Je sais que la connaissance passe, de plus en plus, par l’impression rétinienne et non par les signes calligraphiques. Je sais qu’il faut accepter de connaître la vérité sur les douleurs et les tortures, sur l’indicible cruauté de certains.

Mais faut-il forcément montrer crument des abominations pour se sentir concerné ?

Faut-il faire souffrir pour se guérir soi même ?

Faut-il faire tout voir et tout entendre pour comprendre ?

 

Faut-il vivre pour pouvoir mourir ?…

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J
C'est à croire que le sang est devenu la seule substance digne d'intérêt. Chaque jour une petite dose de massacre au programme télévisé. Chaque semaine dans les salles... bref. Comme si le public devenait public de vampires. Et avec la "loi" de l'offre et de la demande, on poursuit dans une surenchère sans fin. Il y a une responsabilité morale qui échappe aux producteurs: je me demande de plus en plus comment on peut laisser imposer un tel modèle où la violence est la règle. Liberté d'expression oui, viol des consciences non. Dans un même mouvement il y a la submersion par la pornographie. Autre violence, imposée de force à la devanture des marchands de journaux. Certains grands noms du cinéma d'épouvante avaient quelque chose à dire. C'était il y a longtemps. Leurs images avaient un sens qui dépassait la simple atrocité. Temps révolus: l'horreur est devenue acte gratuit. Simple argument de vente. Le film qui m'ait fait le plus peur, qui m'ait laissé le plus grand malaise, était un film en noir et blanc du début des années soixantes. J'en ai oublié le titre. Il y avait une maison hantée. La terreur seulement suggérée par quelques sons étranges, par les dialogues, le jeu des acteurs. Pas de sang. Même pas une goutte. Ce qui était le plus effrayant, c'était qu'on réussissait à réveiller nos propres peur plus qu'à nous faire jouir de celle d'autres. Acte presque psychothérapeutique... Entre "Hostel" (que j'aurais refusé d'aller voir, m'eût-on payé un million) et "La Petite Maison dans la Prairie", il y a quand même toute une palette à explorer sans en passer forcément par la torture... et sans imposer de modèle où le vice devient norme. Pour finir rappelons-nous que Hitchcock affirmait qu'il n'aurait pas tourné Psychose en couleurs, à cause de la scène de la douche... Oui, c'était une autre époque...
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L
oui... une large palette. Mais les images se doivent d'être racoleuses pour être rentables.... que ce soit en audience ou en monnaie sonnante....