Considérations sur les images
Je ne supporte plus le sang, la violence, les excès du cinéma. Je préfère de loin les balises de mon imaginaire. Cette censure qui permet à mon esprit, sans doute de plus en plus peureux, de supporter les terreurs que m’imposent les visions d’images réelles d’actualités, ou d’horreurs inventées. Le plus horrible des livres, la plus épouvantable des histoires passe par le tamis de ma volonté. Je n’accepte plus de subir une maltraitante visuelle et sonore plus proche d’un voyeurisme imposé que d’un plaisir décidé. Je dévore les mots. Je ne veux pas être pénétrée de force par des images non consenties. Je sais que la connaissance passe, de plus en plus, par l’impression rétinienne et non par les signes calligraphiques. Je sais qu’il faut accepter de connaître la vérité sur les douleurs et les tortures, sur l’indicible cruauté de certains.
Mais faut-il forcément montrer crument des abominations pour se sentir concerné ?
Faut-il faire souffrir pour se guérir soi même ?
Faut-il faire tout voir et tout entendre pour comprendre ?
Faut-il vivre pour pouvoir mourir ?…