Les mots durs...
Je peux comprendre que certains trouvent ma démarche indécente. Mais au fond, est-ce vraiment de l'indécence ?
Ceux qui m'accompagnent au quotidien connaissent des bribes de mon histoire. En parler pour moi, est un moyen d'alléger ma charge.
Bien sûr, on ne peut pas vraiment comprendre, pour cela, il faut l'avoir vécu... et, je ne le souhaite à personne.
Ma vie presque toute entière est construite sur des fondations instables.
J'ai bien choisi mon métier... construire, rénover. Le seul problème : j'ai confondu le matériau sur lequel il fallait que je travaille. Ce n'était pas des briques ou du béton, c'était sur moi... rénover ma vie, réhabiliter la propre image que j'ai de moi, apprendre à aimer ce que je suis. Je me rends compte à présent que construire pour les autres n'est pas un médicament pour soi. Donner aux autres ne suffit pas à améliorer l'image que l'on à de soi. Je sais tout cela mais je ne sais pas bien quoi en faire.
Depuis bien (trop) longtemps, j'ai l'impression d'être devant une porte cadenassée avec un énorme trousseau de geôlier et de ne savoir qu'en faire. J'ai tellement peur que la bonne clef ne s'y trouve pas que j'hésite à les essayer...
Mais ce n'est plus tolérable, je ne peux plus supporter cette double vie. Avec d'un côté la « walkyrie » qui n'a peur de rien ni de personne et qui tente d'écraser l'autre, la petite fille désespérée qui ne s'accorde pas le droit d'exister mais semble t-il est indestructible...
Alors, maintenant, je me dis, que sans lui élever un autel, il faut peut-être que je l'écoute, que je lui laisse dire ce qu'elle a depuis si longtemps à dire...
