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Le plumot

Araignées

15 Juin 2011 , Rédigé par Motdit Publié dans #Chroniques...

Je ne suis pas très « insectes », enfin certains me stressent plus que d’autres… En particulier les « machins » à carapace avec pinces et grandes pattes ! Pourquoi ? Oups…. Il faudrait sans doute fouiller dans les méandres des limbes du subconscient de mon enfance (oui c’est compliqué, je sais) je me souviens d’une invasion de hannetons sur une plage de la côte landaise. Un nuage opaque et vrombissant s’était abattu en fin de journée sur les derniers vacanciers présents sur la plage. Oui, je sais : LE hanneton est une gentille bébête, « LE » = gentil, mais quand « LE » se transforme en « beaucoup pleins myriade », ce n’est pas la même histoire ! Mouais ! Et quand on a une tignasse comme j’avais… c’est encore plus rigolo monstrueux. Ces satanées (oui) bestioles se prenaient dedans comme un ban de poissons dans un filet de pêche ! Imaginez vos sensations avec une colonie de poux de 2 cm qui farfouillerait dans vos bouclettes !

Bon, ce n’était pas l’objet… enfin le thème central. Donc : les araignées. Désolée, il va encore falloir que je commence par situer. Par planter le décor.

Il était une fois J’étais étudiante en école d’architecture, et comme dans beaucoup d’institutions afin de valider un cycle il fallait faire un stage en entreprise. Peut-on dire que j’étais cossarde ? Une tentative dans une agence d’archi m’avait un peu refroidie ! J’y ai passé une semaine entière à faire le café, nettoyer les pointes tubulaires, laver les tables à dessin et…. J’en passe. J’ai renoncé ayant la crainte de motiver le licenciement de la personne qui était employée à faire le ménage. Forte de cette non expérience, je renâclais à la renouveler dans l’instant. Lors d’un apéro d’une discussion, une idée merveilleuse fit son apparition : transformer ce putain de stage en vacances voyage d’étude ! En l’espace d’une soirée tout fut décidé et mis sur pieds. Nous partirions à trois pour l’île de la Réunion. Quant au sujet d’étude nous nous sentions forts de réaliser une typologie de l’habitat ilien !

Deux mois plus tard, nous y étions ! Bonheur total, nous étions logés chez des copains à moi qui avaient eu l’excellente idée d’aller y passer leur période de chômage un séjour culturel. Notre lieu de résidence avait certes, l’allure d’un bidonville. Murs en parpaings apparents, toiture en fibrociment, ouvertures nues protégées par des volets approximatifs, pas d’électricité, pas d’eau courante si ce n’est celle dispensée par le réseau tentaculaire de tuyaux d’arrosages relié sauvagement à une arrivée publique etc. Mais je tiens à préciser que ce bidonville était au moins un « 5 étoiles » ! Il était au bord de l’eau, deux pas, et nous pataugions dans l’océan indien, musique et rhum à gogo nous étions les rois du pétrole ! Notre vie s’organisa mollement activement. Tous les matins vers 11h 8h, les orteils en éventail nous préparions nos excursions avec énergie.  Je vous passe les merveilleux moments de ce voyage extraordinaire, le temps s’accéléra, boulimie de sensations intenses et épicées… nous étions à la veille du départ.

Enfer et cornichons… notre typologie !

En effet les photographies que nous avions réalisées jusqu’à ce jour pouvaient (très) difficilement illustrer notre sujet d’étude…

Et, dans le magnifique tracassin de location, une 4L particulièrement fatiguée, rafistolée, mais qui néanmoins avançait, nous partîmes à l’assaut de ce superbe reportage que nous devions produire.

Suspense…. Oui je sais, je n’ai pas encore abordé le sujet.

Nous avons écumé les villages, photographié d’innombrables cases, des bleues, des roses, des très belles et des moins belles. Allez, une dernière… oui, regardez, celle-ci tout en haut du chemin, elle a l’air magnifique.

« Bon... ok, mais alors, c’est la dernière… on doit rentrer à la case pour boire l’apéro faire les valises»

« Promis, je me dépêche ! »

Je m’extirpais de la « limousine » et tenant fermement mon appareil photo, je commençais l’ascension d’un romantique escalier en pierre abandonné qui serpentait au milieu d’une jungle luxuriante. La demeure solitaire se faisait de plus en plus nette, elle était vraiment exceptionnelle, les motifs des lambrequins en tôles ressemblaient à de la dentelle, les jalousies, devant les ouvertures semblaient protéger une princesse endormie d’éventuels intrus. L’ambiance du lieu était magique. Les couleurs de la demeure semblaient avoir été posées par un aquarelliste de talent. J’étais stupéfaite devant cette perfection esthétique.

« Hé ho ! Tu te dépêches ? »

Les éclats de voix de mes compagnons pressés me ramenèrent à la réalité, j’armais mon appareil photo pour immortaliser cette vision.

Et c’est en voulant m’agenouiller, pour que la prise de vue soit la plus parfaite possible que je me trouvait nez à nez, si l’on peut dire, avec une araignée absolument monstrueuse. Elle avait tissé sa toile entre deux arbustes et semblait monter la garde devant le palais abandonné. De ma vie, je n’avais vu aussi imposante arachnide. Placide et déployée, velue et ventrue, elle semblait m’observer. Tétanisée dans l’instant, je restais bloquée dans ma descente, et c’est dans cette position instable que je restais immobile, l’espace de ce qui me sembla une éternité.

« Mais qu’est-ce que tu fabriques ???? »

Je sursautai, et faillis tomber à la renverse. Je repris mes esprits, et, tremblante je tentai mon cliché… raté. Deux, puis trois, j’étais incapable de refreiner les vibrations qui m’agitaient. Alors, doucement, sans la quitter des yeux de peur qu’elle ne me m’attaque je reculai et rejoignis mes compagnons. Ils me retrouvèrent livide. Je tentai d’expliquer vainement ce que je venais de voir et finalement en bafouillant j’arrivais à décrire le monstre. Evidemment, ils se sentaient aventuriers : ils voulaient voir. Terrorisée à l’idée de rester seule avec mes visions cauchemardesques d’attaques arachnoïdes, je me résolus à les suivre.

Certes, ils ont ri de ma frayeur, certes, je me suis sentie ridicule, mais pas un ne s’est servi de l’objectif macro pour la prendre en photo, le monstre était, monstre, 6 cm de diamètre pour une araignée, ce n’est pas mal… Ils ont préféré se servir du zoom… plus sécurisant.

Et, c’est un peu plus décontractée, sécurisée et entourée par mon groupe d’amis que j’entamais le retour. Et c’est en passant sous les frondaisons, que l’un d’eux leva les yeux…

Et là, accrochées aux branches, se balançant au gré de la brise, des centaines, oui, des centaines d’autres araignées toutes plus énormes les unes que les autres semblaient nous observer d’un air narquois. Je crois que mon cœur s’est arrêté de battre.

Une fois entassés dans la voiture, il nous fallut un petit moment avant de démarrer. Nous étions un peu groggy.

Au final, je n’avais pas de photos de cette charmante demeure…

« Ici, les araignées protègent les maisons des intrus ; dès qu’une case se vide, elles encerclent la propriété. » dixit un local….

 

(merci... pour les corrections orthographiques nani!!)

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artno 19/07/2011 22:01



Ahhhhhhhhhhhhh règne et ... très très bon en grillade



alaligne 30/06/2011 10:44



C'est excellent!! tout y est... c'est vivant, plein d'humour et de suspense. Bravo ma belle!!


T'embrasse



Quichottine 17/06/2011 10:06



Eh bien, on peut dire que tu sais raconter ! J'ai ri... et j'ai eu peur aussi.


Pourtant, je n'ai pas peur des araignées d'ici, je t'assure.


Mais celles de là-bas, oui.


 


Tu veux que je te raconte ? Ce sera un autre jour... je crois.


Passe une belle journée que j'espère sans araignée.


Bisous.



Motdit 18/06/2011 09:20



Je sais raconter... mais je ne sais plus écrire!!! ho lala que de fautes....


J'aimerai bien que tu me racontes!!


bonne journée!



Lizagrèce 16/06/2011 12:23



Souci !



Motdit 18/06/2011 09:16



Bien vu!



Lizagrèce 16/06/2011 08:09



Araignée du soir bonsoir


Araignée du matin : chagrin !!!



Motdit 16/06/2011 08:36



et araignée de l'après midi?