Pas de guerre... lasse
Du haut de tes grands airs, tu me toises. Ton regard méprisant glisse sur moi… cela fait bien longtemps que tes yeux ne me déshabillent plus… ton petit sourire narquois me cingle. Chaque fois que je te vois je me noie. Je perds pieds car je sais que quand tu apparais ce n’est pas pour m’embrasser ou me retrouver. Je le sais depuis bien longtemps et puis, je n’en voudrais plus de tes baisers, m’en as-tu jamais vraiment donnés…. Ne l’ai-je pas rêvé ?
Tu es là, devant l’école. Mon cœur accélère, mon ventre se serre. Il y a un problème, une chute, un malaise… ? Je te questionne inquiète.
Non… pas de problème, un rendez-vous avec le maître.
Cela ne me regarde pas….
Ah bon pourtant nous sommes deux à être parents…
Oui, mais cela ne me regarde pas quand même…. Et puis… je n’ai qu’à deviner.
Et puis… de toute façon je verrais bien la semaine prochaine.
Les enfants sont dans la voiture, ils bavardent. Le ciel est gris, encore plus que tout à l’heure. Ce doit être mes yeux. Ils pleurent vers l’intérieur et inondent mon cœur. Heureusement la maison est proche.
Je vais toquer chez les voisins, histoire de faire barrage au fleuve de larmes salées. Les enfants ont soif de coca… pas d’eau salée !
C’est difficile parfois… c’est douloureux parfois de regarder les décombres autour de soi. De se dire que l’on a aimé un paysage verdoyant et lumineux et que maintenant c’est la guerre. Au début, on n’y croit pas, on se dit petit combat. On ne se bat pas. On est certain que cela ne durera pas…. Et puis, le temps passe. Et puis, pas de guerre lasse…
Alors… il faut se battre ?
Je ne sais pas ?
Il faut être « juste »
… je n’ai pas beaucoup de certitudes, j’aime mes enfants, je voudrais qu’ils soient heureux. Et pourtant ils sont les otages bien involontaires de ces conflits… et ils souffrent. Baisser les bras en espérant qu’ils s’habitueront, et se dire, qu’après tout, ils n’ont pas besoin de moi…