Donc Voilà! Le Départ!
Je me prépare à partir. Je range mes affaires. J’ai beaucoup d’affaires en fait. Ma vie entière, tout est là. Dois-je tout prendre ? Tout emporter avec moi ? Montrer que ce départ est définitif. Que cette fois je ne reviendrais plus. Je suis dans la chambre, mes affaires sont éparpillées, je les trie, tellement de souvenirs, tellement d’émotions qui remontent. Ma gorge est douloureuse, je n’arrive pas à avaler. Je me revois, je nous revois ensemble. Les photos témoignent de tellement de bonheur. Le temps passe vite. Le film de notre vie se déroule, image par image. Et moi, je pars, j’abandonne tout cela, je ne sais même pas vraiment pourquoi, au fond j’aurais pu rester, m’accommoder de cette vie. Continuer de partager le brouhaha si vivant de cette maison. 20 ans qu’elle m’abritait, qu’elle me protégeait. Je pars et je voudrais être capable de ne pas me retourner. Me dire que ce qu’il y a devant est bien, que cela vaut la peine de laisser derrière moi tout cet amour. Ça fait un petit moment que je voulais partir, mais j’avais peur. C’est dur de se retrouver seule, dans un endroit nouveau sans repères. Laisser derrière soi des habitudes, laisser derrière soi la possibilité de se blottir entre des bras accueillants et rassurants. Ailleurs, il n’y aura personne pour épancher mes peines, il me faudra les apprivoiser moi-même. La nuit, quand j’aurais peur il faudra que j’apprenne le courage.
Trop de choses à emporter, je ne voudrais rien laisser.
- Je peux entrer ?
- Oui, entre.
Je suis assise sur le lit, démunie, déboussolée. Tu t’assoies près de moi. Ton parfum, ton aura me submergent, je ne pourrais jamais te quitter, j’ai tellement besoin de toi.
- Ca va ?
- Non, pas vraiment, c’est dur.
- Je comprends.
- C’est dur de partir.
- Tu n’es pas obligée de partir, tu le sais.
- Mais cette situation n’est plus possible, il faut que je parte.
- Tu vas me manquer…
- M’ouais… Toi aussi.
Mon buste, s’incline doucement. Ma tête vient se caler contre ton épaule, et tes bras m’enveloppent. Mes larmes coulent en silence. Délicatement tu repousses une mèche de mes cheveux pour essuyer mes yeux. Ton mouchoir coloré est parfumé de toi. Je voudrais que le temps s’arrête, là, maintenant, contre toi.
Je pleure mais tu me donnes du courage. Pour toi je ne vais pas renoncer. Pour moi je vais avancer. Tu m’embrasses et je sens ton énergie qui passe.
Alors je me lève, je regarde le décor de ma vie. Je souris, un peu.
- Tu sais, je ne crois pas que je pourrais tout prendre, le studio est petit.
- Mais enfin, pourquoi tout prendre ?
- Tu sais, j’ai trop peur d’être tentée de renoncer si je laisse des affaires ici.
- Tu ne reviendras pas ?
- Si, je crois, mais je voudrais que ce soit en visite, ne plus avoir de lieu à moi, ici. Pour être sûre de repartir.
- Mais, enfin, mon amour, tu as 20 ans, c’est le début de ta vie. Tu as le droit d’avoir des hésitations, d’avoir peur. Et puis Toulouse, ce n’est qu’à 400 km ! Il y a le téléphone ! Tu sais…
- Je sais, mais je ne connais personne là bas, à la fac.
......
Quand, j’ai commencé mes études, à la faculté. Je suis partie de chez mes parents, j’avais 18 ans. Un peu rebelle, partagée entre un sentiment de toute puissance, et une trouille monumentale de me retrouver catapultée en solo dans la grande ville. J’ai serré les dents, j’ai annoncé à mes parents, que je ne rentrerai pas souvent. Peut-être toutes les 3 ou 4 semaines. Et je suis partie. Au bout de 15 jours… heu... J’ai changé d’avis. Et comme les copains, je me suis retrouvée à la gare tous les vendredi soir, pour me précipiter dans le cocon familial !
Merci à Jess pour sa contribution! nous nous sommes rejointes! Allez donc faire un petit tour chez elle!!