Kilomètre 44
Bon… petite pause au milieu des cartons…
Nous sommes rentrés…vivants, j’en suis bien aise. La vie est belle, la vie est importante, surtout pour mes enfants. Nous aurions du être à la maison hier, en fin d’après midi. C’est aujourd’hui en taxi, que nous sommes revenus dans nos pénates…. Nous n’avons plus de voiture, mais ce n’est rien. J’ai un peu mal, mais les enfants n’ont rien, alors c’est comme si je n’avais rien. Juste peur. J’ai cauchemardé, le peu de temps où j’ai dormi la nuit dernière, mais ce n’est rien, ce n’était qu’imaginaire. Les cauchemars sont restés des cauchemars. Je me suis levée, moult fois pour caresser la tête des enfants qui dormaient, ce n’est rien parce que nous étions vivants.
Je n’ai pas encore réussi à vraiment pleurer, à vraiment lâcher prise. Tant que les enfants étaient là. Un peu quand j’ai parlé au téléphone avec ma « parallèle » celui des mots et des maux dits, mais je n’ai pas osé, trop peur de faire du bruit et de réveiller mes petits fauves. Maintenant je suis seule, les enfants sont partis. Je vais peut-être lâcher…
Nous avons récupéré nos affaires ce matin. L’accident nous avait anesthésiés, alors… ce matin quand nous avons vu la voiture… on a bien vu que ce n’était pas pour rire… et que vraiment nous avions eu de la « chance ». Un tonneau sur une autoroute… ce n’est pas pour semblant.
Alors, il faut se dire que la vie est belle.
Même si celui qui est parti sans se retourner, sans se demander s’il avait semé le désastre.
Même s’il roulait trop vite.
Même s’il était agacé par notre « lenteur »
Et qu’il a voulu nous faire peur.
On est vivant….
Lascaux c’était bien.
Paris, les bateaux mouches, c’était bien.

Les bords de Marne, les canards aussi.
