Elle est morte
Elle est morte. Elle partie avec son maigre paquetage. Je la voyais tous les matins. Tous les matins je croisais son regard. Elle était toujours là. Parfois j’avais l’impression qu’elle attendait un mot de moi pour me suive… mais je n’ai jamais rien dit. Je suis toujours passé, pas trop vite, mais sans jamais m’arrêter. Ma tête toujours pleine de projets, d’idées. Toujours plus d’idées. Toujours trop pressé pour m’arrêter. Trop vite, j’ai toujours été trop vite, pour pouvoir vraiment regarder qui elle était vraiment. Son corps décharné, sans vie, m’a lancé un dernier appel. Je l’ai prise dans mes bras, je lui ai caressé les cheveux, serré contre moi, contre mon cœur sec qui d’un coup se fissurait et laissait couler des larmes anciennes. Les larmes mélangées des peines passées. Je pleurais sur moi.