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Le plumot

La suite... Devenir grand mère (9)

18 Juillet 2008 , Rédigé par Motdit Publié dans #"Soupe" opéra: comment devenir grand mère

le début

avant

Bon.... Elle, c'est vous, et quand je dis  « vous » c'est elle, donc moi... Alors je vais simplifier (ce n'est pas gagné avec vous ! enfin, avec moi...)

Une chose de gagnée... « Je » ne grimpe plus les escaliers avec mes kilos de nouilles ! Évidement, ne rêvons pas ce n'est pas Jules non plus (en plus... c'est son vrai prénom ! quant à son nom je ne vous en parle pas, enfin pas de suite...) Les courses c'est « carroushop » qui s'en occupe, enfin qui se tape l'escalade... autant dire qu'il y a du turn-over chez les livreurs ! Ils se refilent l'adresse comme une patate chaude. Et lors des livraisons « pesantes » je délègue la réception à mon Jules chéri. J'ai quelques difficultés à supporter le regard assassin des sherpas.

Je me demande s'il y a des livreurs de poussettes. Car je commence à angoisser à l'idée son ascension... hé oui, le syndic est très strict : ni vélo ni poussette dans le hall de l'immeuble... peut-être qu'on pourrait louer un garage.

Jules est optimiste, il a pris dans ses bras le fils d'un de ses copains. Il a trouvé le paquet très léger. Pendant ce temps sa nénette me racontait les galères ... plus il se rêve « papa » moins je me vois mère... je rêve d'avalanches de couches, je suis submergée par la ouate de haute technologie qui détecte les trop pleins de pipi et qui chantent une comptine pour prévenir les débordements. Je nage à contre courant de litres de lait maternisé et je bois la tasse. Je fais des constats lors d'accidents de poussettes, priorité or not priorité... j'accouche de quintuplés, mes seins explosent. Mon ventre se déchiquette sous la pression. Mes rêves deviennent gores. Et tout ça bien sûr ça fait rire Jules, et moi parfois le soir je déprime. Je pleure, je ne sais pas vraiment pourquoi, je devrais être aux anges et mes larmes coulent sans raisons valables... pfft, je me déteste ainsi. Mon corps se déforme et ma tête tourne carré.

Jules tout d'un coup se sent protecteur... Alors pour me consoler, il m'explique que ce n'est rien... et puis de toute façon l'accouchement si c'était si terrible que ça... les femmes n'en voudrait plus, on aurait trouvé autre chose. Mouais... moi je sais plus, je suis dans le doute permanent et je suis morte de trouille à l'idée du « passage ». Je suis persuadée que ça se passera mal, ça va coincer. J'en ai parlé à l'obstétricien... et ben il s'est marré, il m'a jaugé, il a observé mes hanches et en riant il m'a dit : « mais enfin madame, vous avez visiblement des origines méditerranéennes, et, je puis vous assurez que non vraiment, si j'avais le moindre doute... je vous ferais passer une radio du bassin ! » et, j'ai eu beau insister, il m'a gentiment poussée hors de son cabinet.

En rentrant au nid, Jules m'a accueillie avec des sarcasmes : « tu vois... qu'est-ce que je t'avais dit ! Et puis après tout si tu dois avoir une césarienne c'est rien ! ». J'ai cru que j'allais « péter » un boulon, - une césarienne, c'est rien ?-  je me suis sentie verdir, une césarienne, c'est une opération, ce n'est pas un accouchement. J'ai tenté tous les arguments possibles. Il trouvait toujours une péripétie verbale pour me démontrer que j'avais tort. Je suis partie en claquant la porte et me suis réfugié dans la chambre. Allongée sur le dos (de toute façon sur ventre c'est plus possible) les yeux au plafond, j'ai énuméré tous mes griefs en pestant, à la conclusion je doutais de tout, de Jules y compris. L'espace d'un instant, j'ai songé à ma mère... Elle avait peut-être raison au fond.

Après...

 

 

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