le temps passe...
On refaisait le monde... enfin ça c'est pour faire bien!... Je ne suis pas certaine que nos discussions aient eu un vrai rapport avec lui... Bon parfois, sans doute... on parlait d'avenir, on se voyait déjà... En général d'ailleurs, il y avait toujours deux équipes, celle des optimistes et les autres... Ceux qui ne savaient déjà plus rêver...
Évidemment, moi, je n'étais pas dans l'équipe la plus optimiste! Pourtant... je riais beaucoup... d'ailleurs, c'était un leitmotiv: faire rire... je me souviens, vous allez trouver ça très « con »... mais je « bûchais » les bons mots comme on révisait ses cours... Il m'est même arrivé d'avoir des antisèches dans les poches!
Je maquillais souvent mon désastre moral par une avalanche de couleurs... un vrai perroquet. Qui se souvient de mes jeans violets, de mes pulls colorés... et surtout de mes cheveux multicolores parfois roses, parfois verts... (avis de recherche: les seules photos de moi de cette époque sont en noir et blanc!)
A 20 ans j'étais une extraterrestre... je regardais les Autres et j'essayais d'apprendre à Être. Je n'étais rien... où plutôt j'étais un reflet, je n'existais pas vraiment... je tentais de me construire à partir des briques des voisins...
J'allais faucher dans les jardins alentours. Je rêvais devant l'apparente facilité d'exister de ceux que je côtoyais. Alors j'essayais de faire partie de leur univers... et je « m'infiltrais » dans les réseaux qui me semblaient « vivants ».
Comédienne hors pair? Je n'en suis même pas sûre... certains n'étaient pas dupes! Parfois je dérapais et mes oripeaux tombaient avant d'être en sécurité dans mes quartiers. Et alors... il fallait écoper!...
Mouais... alors.. pas vraiment de regrets.
Mes 20 ans... Bof, je vous les laisse!
Par contre... maintenant, ma place je l'ai, et je la garde. Pour rien au monde je ne l'échangerais avec le voisin!
Mais que de chemin parcouru... que de chutes, que d'impasses. Je me suis relevée, j'ai fait des demi-tours. Parfois seule, parfois accompagnée.
Quand je regarde par dessus mon épaule... je suis épatée et quand je regarde devant moi... je vois l'horizon.
C'est plutôt pas mal, je trouve!