Je voudrais te dire
Je voudrais te dire que la vie est simple. Je voudrais te dire que je suis neuve. Que ma vie a commencé quand tu m’es apparu. J’aurais aimé être sans histoire et sans passé. Profiter de toi sans aucune arrière pensée. Mais ce serait te mentir. Je suis couverte de cicatrices. Certaines sont refermées, presque invisibles. D’autres sont encore douloureuses, sensibles. Peut-être même y’en a-t-il encore de béantes qui ne guériront jamais. C’est le lot de tous… nous avons tous nos blessures, plus ou moins à vif. Cependant, vois-tu, quand je suis dans tes bras je n’ai plus mal, nulle part. Tu es un peu ma panacée, mes maux s’apaisent à ton contact. J’aime bien penser cela ! Mais je sais qu’au fond ce n’est pas vrai… j’ai fait du chemin… et si je suis si bien dans tes bras, c’est qu’enfin je m’en donne le droit. Je voudrais te dire que si je suis si bien, c’est grâce à toi… mais il n’en est rien. Au contraire c’est parce que je ne n’ai pas besoin de toi que je peux me laisser aller. Je n’ai plus peur d’être jugée, nous sommes sur un pied d’égalité. Je n’ai plus peur d’être condamnée, laissée, abandonnée, répudiée. Beaucoup de larmes, beaucoup de tristesse, tellement peu de confiance en moi. L’eau a ruisselé sur mes joues, s’infiltrant dans les crevasses arides de mon âme desséchée sans arriver à irriguer ma personne assoiffée.
Et puis cette eau, trop salée, c’est tarie. Son sel est parti. Enfin, petit à petit, mon âme craquelée s’est reconstituée. Je l’ai aidée, je l’ai pansée, mes mots dits, mes mots écrits, me l’on permit. Ces mots parfois jetés, ces paroles parfois envolées, ont été lus, entendus. Ils continus de l’être… j’y prends plaisir.
Je me donne ce droit…