Il faut être lucide
Il faut être lucide. Il faut être clairvoyant. Il faut arrêter de se donner des alibis bidons pour excuser sa vie. Il faut assumer ses choix. Il faut arrêter de vivre de façon consensuelle pour ne pas déranger les ordres établis. On ne vit pas pour les autres, on vit pour soi. Facile à dire tout ça… Mais on est rarement en bout de chaine et nos décisions entrainent une cascade de remises en questions derrière nous. Je me sens dans une situation instable, on peut dire confuse… J’ai compris à présent ce que je veux (mieux que l’étape précédente qui consistait à savoir ce que je ne voulais plus…). Savoir ce que l’on veut, demande du courage pour le réaliser. Un certain esprit d’aventure… on sait se que l’on perd… mais pas ce que l’on gagne ! Une certaine forme de liberté ? Je n’en suis même pas persuadée. Mes certitudes, sont restées loin derrière moi, je les ai abandonnées en même temps que mes idéaux, le jour où j’ai compris que rien n’était figé, que rien n’était acquis.
Il est très délicat de remettre en question ce que l’on a mis tant de temps à construire. Un travail stable, mais qui me sclérose de plus en plus. Une maison (bien à moi), achetée avec une énergie raisonnée mais dans laquelle je vis en apnée. Une organisation familiale, enfin, mono familiale, qui me laisse exsangue et déçue de ne pas aller au bout des « perfections » espérées. De toute façon, la perfection, est devenue pour moi un terme bien modeste, la perfection, ça veut dire que cela fonctionne, cahin-caha, plus d’attentes extraordinaires, on est loin de l’aboutissement parfait, imperfectible…
A la relecture, de ce paragraphe… je me dis : « mais enfin, fonce ! Décide-toi à remettre en question cette vie qui ne te convient plus » c’est vrai, cela parait évident… mais qu’est-ce que j’attends ?
Au fond je n’attends rien… peut-être que je m’interdis de croire à un possible meilleur ?
Mais je crois surtout, que j’ai peur.