(Presque neuve?)
Ça a été dur... vraiment.
Quand je repense à cette soirée...
Pourtant c'est la première du printemps, je leur avais dit, qu'elle n'avait pas le même goût que les précédentes. Même si la date officielle est encore un peu lointaine, dehors les branches frissonnent et quelques bourgeons précoces ont déjà explosé. Mon jardin se réveille, ce matin, je l'ai senti, il vibre.
Cette soirée...
Les mêmes, presque, j'aime les retrouver comme ils aiment se retrouver dans mon petit intérieur bricolé. Chacun arrive, l'auberge espagnole, le comptoir s'encombre de plats apportés, on se retrouve. Je me sens riche, ils sont là.
Cette soirée...
Ils sont là, ils me connaissent presque par cœur et ne sont pas dupes.
Même si je les fais rire avec mes aventures. Mon ordinateur qui fait des crêpes, mon addiction pour les magasins de bricolage, mon humour un peu « charcutier ».
D'ailleurs... à propos d'ordinateur...
Cette soirée...
Fut son jubilé. L'histoire était écrite, je crois. Posé sur un meuble, câblé à la chaine hifi... on a frappé à la porte et mes pieds emmêlés dans les fils, trois pas, il a voltigé... courageux, il a continué à fonctionner, le temps de la soirée...
Cette soirée...
Etait spéciale. Mais qui à eu l'idée ? Mais qui a regardé ? Qui a repéré, aimanté, sur la surface encombrée du garde-manger réfrigéré, cette image un peu cachée ? L'a décroché, me l'a donné... avec un briquet.
Je l'ai regardé, tournée, retournée, et puis je suis allée chercher, dans l'enveloppe cachetée, je l'ai posée, et j'ai tout brûlé. Une dernière fois, je me suis imprégné des ses mots, c'est moi au fond qui y croyait... j'y voyais un amour rêvé, il n'y avait rien. Des mots sans intérêt : « bonne journée », « je vais chez le boulanger »..., rien de bien personnel même pas signés, car au fond il n'a rien à donner...
Pourtant j'ai pleuré.
... et puis j'ai ri de me voir pleurer sur cette misère épistolaire.
Cette soirée...
s'est terminée.
Je suis allée me coucher.
J'ai mal dormi, je le reconnais....
Et puis... je me suis levée, il faisait beau. J'ai voulu allumer mon « billig », mais c'était fini, son agonie était terminée. Alors... ben... après autopsie... il a bien fallu le jeter !
Maintenant, j'en ai un tout neuf (climatisé), propre, sans fichiers photos périmés... et même l'usine à gaz... je l'ai débranchée. Plus d'assistance respiratoire.
Je repars, un peu triste.... Mais l'âme allégée... et les poumons aérés.