Ma coiffeuse a un amant
Quand je l'ai croisée l'autre jour, dans la rue, je me suis dit « tiens, son mec a changé de style ! » Ben en fait... ce n'était pas son « habituel ». Je sais, je ne suis pas physionomiste ! Mais en fait je ne veux pas l'être, tout simplement parce qu'ainsi je me protège, j'ai une peur bleue de la foule. Ne vous agacez pas si je vous croise dans la rue sans vous saluer ni sembler vous reconnaitre. Quand je marche dans la rue, un endroit public, je me déconnecte totalement du genre humain, mon regard n'analyse aucun visage, aucune silhouette. Par contre je suis capable de repérer le moindre changement dans l'espace que je traverse. Une façade, un lampadaire, des poubelles qui auraient changé de place.
Il m'est arrivé de donner rendez vous à des amis dans des lieux passants... Heureusement que les portables existent car je ne les vois pas. « Mais enfin, tu ne me vois pas ? Je suis là, juste devant toi! ». Ben non... je ne te vois pas...
Bien sûr, parfois, je me sens un peu ridicule, mais j'arrive toujours à un rendez-vous avec une angoisse dans le ventre. De la même façon, quand je suis avec quelqu'un, et bien en un dixième de seconde, je suis capable de le perdre. Si mon regard a le malheur de s'en détacher, je suis perdue. C'est valable dans n'importe quelle circonstance. Même mes enfants n'y échappent pas... vous pouvez imaginer le stress dans lequel cela peut me mettre...
Alors... seule dans un endroit où je ne connais personne... c'est un challenge. Je me prépare mentalement des jours à l'avance pour affronter cette « fausse » solitude.