Tu vois...
Je suis toujours là. J'existe toujours, même sans toi. Parfois c'est encore dur pour moi, parce que je pense à toi, forcément. Quand je passe près de chez toi, mon cœur se serre, encore. Mais je vais bien. Même si j'ai laissé avec toi une partie de mes rêves et de mes idéaux. La vie est ainsi faite... on croit avoir trouvé son île et en fait, on s'aperçoit que ce n'était que le dos d'une baleine qui prenait son souffle et d'un coup on se retrouve au milieu d'un océan immense et vide.
Et puis on s'habitue...
Pourtant les choses ont changé. Le regard que l'on porte sur l'horizon n'est plus le même. On devient prudent, méfiant.
...
Tu vois, tu m'as appris une belle chose... faire confiance. Tu m'as dit « compte sur moi, je suis là » je t'ai cru, malgré ta propension à me prendre pour un lest que tu balançais à la moindre alerte. J'aurais du me méfier, on ne change pas. Le chant des sirènes est envoûtant mais trompeur.
C'est dommage parce que j'étais assez bonne élève ! bien sûr j'ai eu du mal. Je crois que le plus dur pour moi était de réagir en cas de conflit. C'est vrai... je ne suis pas très combative ! Par peur de te perdre je n'ai jamais osé répondre à la violence de tes propos. Sans doute me prenais-tu pour une « lavette ». L'excès d'amour rend con.
Je t'aimais trop pour courir le risque te de perdre. Alors... je criais sur le papier, je déversais mes colères par litres d'encre. Puis après quand je me relisais... j'avais honte, parce que je comprenais que la méthode était mauvaise... je savais qu'il fallait dire plutôt qu'écrire. Je voulais que tu comprennes mon désarroi mais je ne savais pas te parler. Trop peur.
Alors maintenant, j'ai compris que l'amour passe aussi par de vraies engueulades... mais je n'aime pas les engueulades... alors je ferme les portes parce que j'ai peur des combats. Tu disais m'apprendre à faire confiance... je ne retiens de toi que les combats menés par toi contre moi... ennemie insignifiante et bien trop soumise.
Alors maintenant... je me dis que l'amour est synonyme guerre. Mais moi, j'aime la paix.