Le plafond...
Le plafond est blanc, enfin pas tout à fait. Il y a quelques petits points, ici et là, des constellations. Un ciel nocturne en négatif. Plus ou moins dispersées, plus ou moins alignées, les poussières dessinent un univers sans ligne d'horizon. Je chavire et mes yeux mouillés se noient dans cet espace presque immaculé.
Le plafond s'en va. Il emporte avec lui mon esprit qui rebondit d'astres en astres. Je voyage dans le temps comme la bille du flipper d'antan. Je l'entends qui roule et qui cogne comme un cœur qui voudrait s'échapper. Ces étoiles qui filent, je tente de gestes maladroits de les recueillir au creux de mes paumes. Les prendre contre moi.
Le plafond est trop haut. Inaccessible, mes bras sont trop courts pour saisir la moindre étoile. Comment faire ? Comment rattraper mon âme qui vagabonde ? Une scission inéluctable ? Tellement espérée... hier, redoutée à présent. La peur du vide. La peur du manque. Je suis sans forces.
Le plafond est parti.