L'enfer
Qui aurait cru lustucru que je franchirais un jour les portes de l'enfer?
L'enfer est un lieu feutré, ne vous déplaise!
L'enfer est au premier étage et non à la cave, étonnant non? Et j'y suis allée non pas péniblement mais directement en empruntant l'ascenseur! Belle « déco » ma foi! Luminaires élégants distillant une aura discrètement tamisée et chaude. Musique apaisante mais pas abêtissante, juste ce qu'il faut pour entretenir une euphorie sereine. Je m'attendais aux bruits, aux cris aux explosions de dépit. Rien de tout cela: calme et volupté. Pas de flammes, pas douleur. Les damnés sont heureux, ils vaquent de tables en tables, sourire aux lèvres et verre à la main. Caressant du bout des doigts la peau velouté des tables accueillantes.
Je pensais que pour pénétrer c'est antre motdit maudit, il fallait être parrainé ou mafieux (le mieux, parrainé par un mafieux). Je croyais qu'en croque mort vêtu uniquement on y entrait. Que nenni! C'est en croquenots que j'y arrivais et qu'en sourires on m'y accueillit, juste une petite vérification de mon panier de cèpes ma besace, et j'entrais comme une fleur des champs dans l'enfer... du jeu!