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Le plumot

Douleur

28 Novembre 2006 , Rédigé par lilith Publié dans #Nouvelles...glurps

Quand je me suis levée ce matin, j’ai senti que quelque chose ne tournait pas rond. Depuis un certain temps déjà je pressentais un malaise, comme si à l’intérieur de mon corps un écho se répétait son fin. Un petit peu comme si j’avais écouté de la musique trop forte et trop longtemps et que le silence à présent installé était pollué par une vibration particulière. Une pulsation interne silencieuse mais oppressante. J’ai passé la matinée à travailler avec cette impression lancinante d’être à côté de moi, de me regarder vaquer, de m’entendre parler, comme si j’étais partagée en deux, matérielle et immatérielle. Cette sensation au cours de la journée est devenue insoutenable. Et j’ai été obligée d’annuler des rendez-vous pour aller m’allonger. Cela ne ressemblait en aucune manière aux migraines habituelles. Une espèce d’impression permanente me taraudait je n’avais pas encore la nausée mais je sentais qu’elle ne tarderait pas à arriver, mais pourtant je ne faisais que l’effleurer : J’allais être malade, mais quand ?

Allongée sur mon lit, les bras en croix j’essayais de me concentrer pour maitriser l’infernal tournis qui m’entrainait comme une hélice. Non je n’avais pas bu, mais j’étais comme ivre et mon corps était emporté dans un tourbillon, je tournoyais sur moi-même dans le sens des aiguilles d’une montre, je me souviens bien de cela, car, par moments, je luttais tellement que j’arrivais à inverser le mouvement. Mais de fatigue, mortes, mes forces s’évadaient et de plus belle je virevoltais telle une horloge affolée. J’ai fini par perdre connaissance, je crois.

 J’ai cru au bruit du réveil, tout d’abord, mais ne reconnaissant pas la mélodie habituelle, j’ouvris un œil. Ma chambre bleue était devenue blanche. J’étais toujours sur un lit, mais ce n’était plus le mien. Mes yeux se refermèrent, éblouis par la clarté. J’entendais des voix, bruissantes, sans arriver à en décoder de bribes. Je sentis sur moi, sans arriver à le localiser, un contact frais. C’était bon. Mais pagaille… ma tête, mon cerveau allait exploser, sans doute, tellement la douleur était intense. Impossible d’esquisser le moindre mouvement, même mes paupières qui avaient sursauté précédemment se refusaient à présent de frémir.

« - Je vous dis qu’elle à ouvert les yeux.

- Non ce n’est pas possible, elle est en mort cérébrale depuis hier.

- Je vous dis qu’elle à ouvert les yeux.

- Je vous répète : Ce n’est pas possible. Vous avez mal vu.

- Mais enfin Docteur, si je v…

- Ecoutez, maintenant ça suffit ! Je vous dis que c’est absolument impossible. De toute façon son mari à donné l’autorisation de procéder à des prélèvements. Il faut la préparer, on a deux reins, un foie, et je pense que ce n’est pas fini j’attends un coup de fil de Toulouse pour ses yeux. 

- Bon… je lui fais une anesthésie, Docteur ? Quand même…

- Mais enfin Christelle ??? Vous n’avez pas encore compris : elle est en mort cérébrale, elle ne sent plus rien. Dépêchez-vous, nous n’avons pas de temps à perdre. »

Je ne comprends rien, on parle, je crois, autour de moi mais je ne comprends rien. Et cette douleur… mais quand s’arrêtera-t-elle ?

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M
Délire....  C'est vrai quoi ils sont fadas ces toubibs on dit pas devant un mort qu'il est mort...puisqu'il entends tout !!! pfffffffff
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L
être vraiment, vraiment mort? quand?
L
Ben.. je crois que je t'ai dis ce que je pensais...
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Y
Gloups.... aurais pas pensé
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H
Un ptit bonjour par chez toi en ce mercredi, Kénavo
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P
merci pour ton comm  l'ami !  tu as vu juste... l'inconscient parle toujours chez les artistes (sourire)....   je vis seul depuis 3 ans ! voili voilà   .   a+ phil
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