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Le plumot

Une étrange rencontre

17 Août 2006 , Rédigé par lilith Publié dans #Nouvelles...glurps

J’étais dans un long couloir. Large et clair mais tellement long, le sol luisait et mes pas résonnaient dans le silence. Je marchais depuis longtemps déjà. Je crois que depuis un certain temps, je tournais en rond. Après avoir descendu des escaliers, tourné à gauche, à droite, m’être retrouvée coincée dans des culs de sac. J’avais le sentiment de reconnaître ces lieux. J’étais sûre d’être déjà passée par là, pourtant certains détails me semblaient différents. La couleur des murs, des plafonds, le nombre de portes qui jalonnait ma marche solitaire. Ce qui était frappant c’était le silence. Hormis l’écho de mes pas, rien ne déflorait le calme de l’endroit. J’errais donc. Je n’avais aucune idée de l’endroit où j’étais vraiment. D’ailleurs, je ne me souvenais même pas à quel moment j’avais pu y entrer. Je me faisais un peu l’effet d’un hamster, qui inlassablement fait tourner la roue de sa cage. Les portes, de part et d’autre du corridor étaient fermées. J’avais eu un moment, l’espoir d’en trouver une d’ouverte. Je m’étais acharnée sur certaines qui me semblaient moins résistantes, moins bien verrouillées. Aucune n’a cédée. J’ai pleuré, j’ai hurlé aussi. J’ai essayé d’ébranler la frontière de ces issues. Mes forces se sont épuisées, mes larmes se sont taries et ma voix s’est éteinte à force de s’égosiller dans le silence. Alors, je me souviens, mes espoirs sont morts. Je me suis assise au milieu l’avenue vide et silencieuse. J’ai attendu. Je me suis allongée sur le dos et j’ai écarté les bras. Je me suis laissé tomber. J’ai fermé les yeux et je me suis laissé entraîner voluptueusement dans le néant d’une spirale sans fin. Il me semblait sentir sur ma peau le souffle de l’air. Je me suis endormie.

J’ai fait une étrange rencontre. J’ai été ému par une voix. C’est curieux comme on peut être sensible aux intonations et à la tonalité. J’étais toujours dans ce canal rutilant et vide. J’étais assise, les bras croisés autour de mes tibias, mes genoux ramassés contre mon menton, je regardais les reflets sur le sol immaculé. Tout doucement sans que je m’en rende compte un murmure s’est installé dans mon esprit. Je n’y pris tout d’abord pas garde, puis ce murmure devint audible, c’était une voix qui monologuait. C’était une voix grave, masculine, mais je ne comprenais pas ce qu’elle disait. C’était une voix professorale et sûre. Le débit était régulier. Je me suis levée et j’ai essayé de localiser la voix en tournant doucement sur moi-même. Il me semblait la situer dans une partie de la galerie que j’avais parcourue. Je revins sur mes pas, en limitant le plus possible le bruit de mes chaussures sur le sol dur, l’oreille aux aguets. La voix continuait sa litanie. Il me semblait à présent reconnaître certains mots. Certains fragments de son discours étaient intelligibles. Il parlait de vie, de compréhension, de couleurs, de voyage,… je n’arrivais pas à faire le lien entre les morceaux de phrases mais le thème général semblait assez pacifique. J’avais envie de m’approcher d’elle, de me laisser bercer par ces paroles agréables. J’ai du marcher durant des heures. Je finis, enfin, par me retrouver devant une double porte qui semblait être le dernier obstacle entre la source sonore et moi. J’ai avancé la main, sans trop d’espoir, vers la poignée. A ma surprise, elle céda sans aucune résistance. Je fis pivoter doucement le battant de l’ouverture. Je fis un pas, puis deux et pénétrais dans une salle immense, un amphithéâtre complètement vide d’étudiants. La chaire était occupée par un homme en costume noir, il s’était tu à mon entrée et me regardait.

« - Vous êtes en retard mademoiselle, veuillez vous avancer et vous installer afin de ne pas retarder davantage mon cours, merci. »

Je m’approchais et m’installais au deuxième rang, le premier me semblait trop proche de l’orateur et je craignais d’être gênante. M’asseoir plus loin me paraissait peu respectueux. Pas très à l’aise je posais mes mains sur le pupitre. Il me regarda, et repris le fil de son discours. Le temps passa, je n’ai écouté que la musique de sa voix. Tel un soliste à l’opéra il enchanta mon cœur et mon esprit, mais trop concentrée sur mon bonheur solitaire, je n’ai pas analysé ses paroles. Mes yeux fermés, mon âme à marée haute, j’ai oublié l’essentiel, de garder au creux de ma mémoire, de conserver un peu des paroles qu’il égrenait. Je sais qu’il m’a donné le chemin. Mais toute à ma béatitude je ne l’ai pas entendu. Les yeux clos, je ne l’ai pas vu partir.

Puis je me suis éveillée, au milieu du couloir, rien n’avait changé.

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M
Kikou Mptdit :-)))J'arpente ce couloir, où va-t-il m'emmener...Déroutant cet artcile, et en même temps il nous fait nous interroger sur nos "délires", conscients ou non, que restituent notre cerveau en dormant. Mais doit-on dormir pour les faires ressurgir?Bonne soirée et à très bientôt.Bisesssss
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S
<br /> Vraiment très étrange... ...même pour moi. Lol
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