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Le plumot

Le chemin...

27 Janvier 2009 , Rédigé par Motdit Publié dans #Nouvelles...glurps

J'étais dans un long couloir. Large et clair mais tellement long, le sol luisait et mes pas résonnaient dans le silence. Je marchais depuis longtemps déjà. Je crois que depuis un certain temps, je tournais en rond. Après avoir descendu des escaliers, tourné à gauche, à droite, m'être retrouvée coincée dans des culs de sac. J'avais le sentiment de reconnaître ces lieux. J'étais sûre d'être déjà passée par là, pourtant certains détails me semblaient différents. La couleur des murs, des plafonds, le nombre de portes qui jalonnait ma marche solitaire. Ce qui était frappant c'était le silence. Hormis l'écho de mes pas, rien ne déflorait le calme de l'endroit. J'errais donc. Je n'avais aucune idée de l'endroit où j'étais vraiment. D'ailleurs, je ne me souvenais même pas à quel moment j'avais pu y entrer. Je me faisais un peu l'effet d'un hamster, qui inlassablement fait tourner la roue de sa cage. Les portes, de part et d'autre du corridor étaient fermées. J'avais eu un moment, l'espoir d'en trouver une d'ouverte. Je m'étais acharnée sur certaines qui me semblaient moins résistantes, moins bien verrouillées. Aucune n'a cédée. J'ai pleuré, j'ai hurlé aussi. J'ai essayé d'ébranler la frontière de ces issues. Mes forces se sont épuisées, mes larmes se sont taries et ma voix s'est éteinte à force de s'égosiller dans le silence. Alors, je me souviens, mes espoirs sont morts. Je me suis assise au milieu l'avenue vide et silencieuse. J'ai attendu. Je me suis allongée sur le dos et j'ai écarté les bras. Je me suis laissé tomber. J'ai fermé les yeux et je me suis laissé entraîner voluptueusement dans le néant d'une spirale sans fin. Il me semblait sentir sur ma peau le souffle de l'air. Je me suis endormie.

J'ai fait une étrange rencontre. J'ai été ému par une voix. C'est curieux comme on peut être sensible aux intonations et à la tonalité. J'étais toujours dans ce canal rutilant et vide. J'étais assise, les bras croisés autour de mes tibias, mes genoux ramassés contre mon menton, je regardais les reflets sur le sol immaculé. Tout doucement sans que je m'en rende compte un murmure s'est installé dans mon esprit. Je n'y pris tout d'abord pas garde, puis ce murmure devint audible, c'était une voix qui monologuait. C'était une voix grave, masculine, mais je ne comprenais pas ce qu'elle disait. C'était une voix professorale et sûre. Le débit était régulier. Je me suis levée et j'ai essayé de localiser la voix en tournant doucement sur moi-même. Il me semblait la situer dans une partie de la galerie que j'avais parcourue. Je revins sur mes pas, en limitant le plus possible le bruit de mes chaussures sur le sol dur, l'oreille aux aguets. La voix continuait sa litanie. Il me semblait à présent reconnaître certains mots. Certains fragments de son discours étaient intelligibles. Il parlait de vie, de compréhension, de couleurs, de voyage,... je n'arrivais pas à faire le lien entre les morceaux de phrases mais le thème général semblait assez pacifique. J'avais envie de m'approcher d'elle, de me laisser bercer par ces paroles agréables. J'ai du marcher durant des heures. Je finis, enfin, par me retrouver devant une double porte qui semblait être le dernier obstacle entre la source sonore et moi. J'ai avancé la main, sans trop d'espoir, vers la poignée. A ma surprise, elle céda sans aucune résistance. Je fis pivoter doucement le battant de l'ouverture. Je fis un pas, puis deux et pénétrais dans une salle immense, un amphithéâtre complètement vide d'étudiants. La chaire était occupée par un homme en costume noir, il s'était tu à mon entrée et me regardait.

« - Vous êtes en retard mademoiselle, veuillez vous avancer et vous installer afin de ne pas retarder davantage mon cours, merci. »

Je m'approchais et m'installais au deuxième rang, le premier me semblait trop proche de l'orateur et je craignais d'être gênante. M'asseoir plus loin me paraissait peu respectueux. Pas très à l'aise je posais mes mains sur le pupitre. Il me regarda, et repris le fil de son discours. Le temps passa, je n'ai écouté que la musique de sa voix. Tel un soliste à l'opéra il enchanta mon cœur et mon esprit, mais trop concentrée sur mon bonheur solitaire, je n'ai pas analysé ses paroles. Mes yeux fermés, mon âme à marée haute, j'ai oublié l'essentiel, de garder au creux de ma mémoire, de conserver un peu des paroles qu'il égrenait. Je sais qu'il m'a donné le chemin. Mais toute à ma béatitude je ne l'ai pas entendu. Les yeux clos, je ne l'ai pas vu partir.

Puis je me suis éveillée, au milieu du couloir, rien n'avait changé.

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F
j'aime beaucoup
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M
<br /> Merci<br /> <br /> <br />
K
parfois ? souvent oui ! c'est bien utile pour savoir un peu "où" on en est de notre cheminement intérieur, car nos rêves ont cette capacité formidable de nous montrer là où nus "bloquons". On sait ainsi où il nous sera utile de travailler.
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M
<br /> Oui... A condition de vouloir les entendre...<br /> <br /> <br />
K
Oh si tout avait changé... Certes tu n'avais changé ni d'endroit, ni de situation, mais... tu as entre temps appris comment accéder au lieu où est enseignée la connaissance: lâcher prise....car c'est en lâchant prise que la voit s'est faîte entendre et t'a menée jusqu'a la salle de cours... Ainsi ça n'a pas d'importance si tu n'a pas écouté ce que la voix disait, car tu peux y retourner à loisir. C'est toujors quand on prend conscience que l'on tourne en vain en rond qu'on accepte d'enfin lâcher prise... c'est aussi la seule issue vers la vraie liberté.
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M
<br /> c'est une interprétation que je n'avais même pas faite... comme quoi les écrits sont parfois chargés de sens sans qu'on le veuille...<br /> <br /> <br />
S
Un couloir c'est un chemin ! Et les chemins mènent là ou l'on ne sait ce que l'on peut y trouver . Rarement de souvenirs , souvent des rencontres la vie des peits bonheurs et le grand quand c'est le temps voila ton temps , ouvre la porte  
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M
<br /> Le problème: laquelle?<br /> <br /> <br />
G
j'adore !  Oui  , j'aime bien te lire ,  ta facon de poser  tes états d'ame  sur papier  est  tres originale  , bravo , dommage  que tu n'ais rien retenu de ce que disait l'orateur  si cela pouvait t'aider , mais tu en est consciente donc  c'est bien ; merci  pour ce texte  ! et sort du couloir ....
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M
<br /> Oui j'ai la sale habitude de ne pas écouter au bon moment..<br /> <br /> <br />