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Le plumot

plaies (redit)

26 Décembre 2008 , Rédigé par Motdit Publié dans #Nouvelles...glurps

(Bon... encore un truc gai...)

....

Je ne sais pas pourquoi. J'ai toujours trouvé fascinant de regarder les plaies.

Je le regardais faire, attentivement. La tête penchée sur ma main posée bien à plat sur la table. La lumière halogène, proche, réchauffait ma peau, accentuant le contraste avec la lame glacée du scalpel. Malgré le souhait du chirurgien, mon regard ne quittait pas le champ. J'aurais préféré sentir le fil de l'outil glisser sur moi. J'avais eu droit à une série de piqûres anesthésiantes alors je ne percevais plus rien. Quel dommage. Alors je regardais, de tous mes yeux pour tenter d'imaginer ces sensations délicieuses auxquelles je n'aurais pas droit aujourd'hui. De temps en temps, je levais les yeux sur son visage concentré. Je devinais ses lèvres serrées, ses narines pincées derrière son masque de protection. Les yeux attentifs suivaient la danse des instruments. Je jubilais, même si j'étais déçue de ne pouvoir ressentir ce plaisir intense que me procurait la douleur infligée à mon être. J'avais déjà en tête les prochains supplices délicieux que je m'infligerais. Le plaisir serait moins grand, j'aime tellement regarder mon corps lacérée par autrui. C'est tellement plus excitant de voir des mains étrangères triturer ma chair. La plaie, que j'avais mis tant de temps à cultiver, était a présent presque nettoyée. Les lambeaux inutiles et putréfiés avaient été ôtés, patiemment et méticuleusement. J'avais en mémoire la souffrance lancinante qui avait accompagné les jours précédant cette intervention. J'étais bien. J'adorais ça.

La première fois que j'ai ressenti ce plaisir... c'est loin, mais tellement là, encore, en moi...

Je me souviens de la lumière blanche et froide qui pénétrait dans la pièce austère. Je me souviens de la table d'auscultation métallique glacée sous mes cuisses serrées. J'avais froid. Une odeur piquante de désinfectant flottait dans l'atmosphère silencieuse. J'attendais seule.

Au bout un temps qui me parut infini le Docteur est entré, vêtu de blanc. En silence il prépara ses outils. Je frissonnais. Puis toujours sans un mot il attrapa fermement mon bras, le gauche je m'en souviens. Son immense main sèche était tiède, je me sentis bien, instantanément, enveloppée, rassurée. Et d'un geste sûr, il scarifia ma peau tendre d'enfant d'un quadrillage régulier. J'entendis ma peau crépiter sous la pointe acérée. Un chapelet de perles écarlates s'est échappé. Ses yeux m'ont transpercé, sa main a glissé vers ma nuque pour me féliciter. J'étais à la fois sacrifice et déesse adulée, la souffrance de mon corps avait nourri mon âme.

Depuis ce jour, je n'ai de cesse de retrouver cet instant magique et rassurant.

Alors... je coupe, j'écorche tendrement ma chair et je me sens si bien...

Le plaisir ultime... des mains géantes et tièdes qui me lacèrent...

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G
il n'y a pas de chute à ton texte , mais , enfin , s'il n'y a pas de mise à mort , tant mieu ! ;)
Répondre
M
<br /> la chute... est dans la tête<br /> <br /> <br />
S
Les plaies au coeur sont sans doute les moins glorieuses mais quan même ...
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M
Pas de com par ici...Tes lecteurs se seraient-ils trouvés mal à l'aise ?...Pour ma part, il me semble que je n'ai pas saisi tout ce qui se trouvait dans ce texte.Un élèment me manque, je crois.  ;)
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M
<br /> pourtant...<br /> <br /> <br />